Transformer une orientation politique en une action pédagogique Reviewed by glucarelli on . Gometz-le-Chatel Rassemblement de 50 jeunes de plus de 14 ans du 11 au 16 juillet 2016 Une aventure humaine forte **L'anti projet ou un vrai projet ?**     Gometz-le-Chatel Rassemblement de 50 jeunes de plus de 14 ans du 11 au 16 juillet 2016 Une aventure humaine forte **L'anti projet ou un vrai projet ?**     Rating: 0

Transformer une orientation politique en une action pédagogique

Gometz-le-Chatel
Rassemblement de 50 jeunes de plus de 14 ans du 11 au 16 juillet 2016
Une aventure humaine forte

**L’anti projet ou un vrai projet ?**

 

 


Un peu d’histoire


Septembre 2013
Prise de poste comme directeur à la MJC de Juvisy-sur-Orge avec une forte mission jeunesse.

2014-2015
La Confédération des MJC de France annonce une convention nationale en 2015 à Strasbourg dont le thème est :

« Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on n’a rien à dire »

avec la volonté que des jeunes ambassadeurs soient à la préparation. Nous inscrivons un jeune administrateur de Juvisy sur Orge.

La commission jeunesse de la Fédération Régionale des MJC se réunit avec comme objet principal la participation de 200 jeunes des MJC de la région à cette convention. Une belle dynamique entre animateurs, jeunes, avec certains groupes qui préparent des interventions artistiques, des animations de table ronde, etc…

Octobre 2015
Convention Nationale sur 3 jours à Strasbourg – 80 tables rondes.
Le samedi matin 750 des 2000 participants (dont beaucoup de jeunes) votent pour retenir 3 orientations issues des débats : la première orientation est « Osons faire Humanité ensemble en luttant contre es discriminations, ….A METTRE EN OEUVRE DANS LES MJC

Dans le même temps à et autour de Juvisy-sur-Orge, des MJC sont « attaquées » par leurs municipalités.

 

L’émergence d’une Idée


Prenant un terme de l’Entrainement Mental, j’avais une SIC (Situation Insatisfaisante Concrète) : une certaine impuissance face à un environnement hostile, mais surtout face à nous-mêmes. Nous n’osions pas, peut-être parce que nous ne voulons pas vraiment. La situation est surement assez confortable, ce que Benasayag appelle, d’après le terme de Spinoza : Les passions tristes.

Ne pouvant m’y résoudre, face à la SIC, je me dois d’agir.

Lors de la préparation de la convention, M., ambassadeur s’était rendu en Bretagne à Saint Brieuc à l’été 2015 à la manifestation : « Place du jeune ». Il m’avait rapporté que nous pourrions organiser une manifestation similaire.

Croyant que le réseau ne fonctionne que si nous avons des actions communes, (le faire ensemble défendu dans les MJC), et pensant que nous avions collectivement quelque chose à faire pour :

  • Valoriser la pratique, l’expression des jeunes
  • Montrer notre capacité à agir avec des jeunes
  • Présenter notre manière de faire avec des jeunes notamment à partir de la confiance

je prends l’initiative d’inviter les collègues directeurs des MJC de l’Essonne à une réunion en leur disant quatre choses

  • Organiser une manifestation dont le titre provisoire est « Place du jeune »
  • L’idéal serait l’été 2016
  • Qu’il pouvait déléguer ou venir avec un animateur
  • Le reste était à construire.


La Préparation


Nous avons limité au départ à l’Essonne, du fait du nombre de MJC présentes sur ce territoire, et du côté pratique permettant la tenue de réunions régulières.

Début janvier 2016, nous n’avions que l’Idée. Nous n’avions ni le lieu, ni le programme, ni d’argent.

Chemin faisant, un collègue habitant Gometz-le-Chatel nous facilite la rencontre avec Madame la Maire. C’était à l’inauguration de la MJC locale. Nous présentons l’Idée. Accord de principe. Nous travaillons avec la directrice en place et organisons une réunion à Gometz avec l’adjointe au maire. Il fallait valider le lieu. Accueillant des mineurs, il nous fallait faire une déclaration à la DDCS. Un autre collègue connaissant bien un CEPJ, nous met en contact. Retour à Gometz pour présenter l’Idée. Nous négocions l’habilitation du lieu (quelques recommandations nous sont faites) et une subvention.

Dans le même temps, La MJC de Juvisy devait accueillir les allemands. Une demande de subvention est faite à l’OFAJ.

Le groupe de directeurs et animateurs se réduit, mais se précise. Nous sollicitons les autres collègues dans leurs ressources : qui pour une séance de cinéma, qui pour la radio, qui pour le matériel tente et intendance cuisine.

Nous limitons l’action autour de 50 jeunes, définissons les dates : la semaine du 14 juillet, travaillons la communication, trouvons un titre, d’autres s’occupent de l’administratif (déclaration DDCS).

Nous nous réunissons régulièrement, nous invitons les jeunes et les animateurs à Gometz, pour découvrir le lieu et préparer tout le monde à une aventure humaine. Personne n’a une idée claire de ce que la semaine sera : nous présentons toujours une aventure où nous discuterons, créerons, valoriserons, responsabiliserons…

L’idée, toujours affichée, est de faire Humanité, entre nous, avec les Allemands, avec les habitants du village. Cela deviendra le titre de la semaine : Osons faire Humanité ensemble.

Le programme assez large (il nous faut préparer quelque peu : accueillir 50 personnes n’est pas aisé) se construit toujours avec cette Idée de faire ensemble, créer, rassembler, etc….

Déjà, il nous semble important de faire connaissance – Lundi et Mardi : installation et jeu d’orientation et escalade (ressources locales de Gometz)

Mercredi 13 juillet : Début d’ateliers : création arts plastiques, théâtre, émissions radiophoniques, et Bal organisé par la ville.

Jeudi 14 juillet : Nous pensons à un banquet républicain et invitons les habitants à venir partager avec nous un pique-nique genre auberge espagnole

Vendredi 15 juillet : préparation de la fête poursuite des ateliers

Samedi 16 juillet : fête dans le village organisé par nous-mêmes : expressions diverses, des groupes d’autres MJC viennent nous rejoindre pour présenter des spectacles, nous avons trouvé un groupe et faisons appel à un traiteur de paëlla afin de faire vraiment fête.

Des spectacles dans la rue, des créations plastiques, des émissions de radio, un flash mob…

Nous retenons de la semaine une belle énergie, une belle ambiance, de belles créations.
Osons faire Humanité ensemble en pratique.

 

Quelques points d’analyse pour enrichir une réflexion


Ce qui a guidé l’action : une grande volonté, une belle idée.

Cela a entrainé une forte confiance qui s’est diffusée chez chacun des acteurs ; animateurs, jeunes, partenaires, municipalités etc…..

Nous avions défini une action à réaliser : une fête pour et avec le village, et surtout, une idée à mettre en œuvre, à exploiter.

 

 

Ce n’était pas un séjour. Beaucoup d’implicites (activités, règles de vie, rythmes..) nous n’avions pas d’autres idées que de valoriser, créer, oser, faire confiance. (pas de planning de tâches ménagères, d’objectifs pédagogiques, etc…). Nous étions un collectif.

Tout le monde a joué le jeu. Nous avions des discussions régulières (3 météo du jour en une semaine), quand nous en sentions la nécessité, des réunions entre animateur qui faisaient ensuite le relais auprès de son groupe si nécessaire.

Le programme était un guide, mais nous avons pu intégrer d’autres activités, d’autres intervenants en fonction des opportunités : théâtre et créations plastiques.
En gardant l’Idée, nous nous devions d’exploiter tous les possibles et de mettre en pratique ce que nous voulions.

Dans l’organisation, nous n’avions pas vraiment de « responsables ».

D’après Jean-Pierre Boutinet (auteur de l’anthropologie du projet), un projet est toujours porté par une personne : alors oui j’étais garant de l’Idée, mais j’ai travaillé ma posture pour que ce soit partagé déjà par un collectif restreint, puis par tout le monde : il nous faut travailler la posture : laisser faire beaucoup de choses, responsabiliser chacun, laisser des espaces de création, accepter que ce soit différent que ce que nous avions imaginé.
Assez naturellement chacun s’est trouvé en confiance, a trouvé sa place, et l’Idée est devenue portée par un plus grand nombre.

 

Pourquoi la question : l’anti projet ou le vrai projet ?


La démarche s’est construite au gré des rencontres, des propositions avec comme seul fil conducteur l’Idée. Rien n’aurait pu être écrit avant le déroulement de la semaine pour deux raisons :

  • il n’était pas possible d’écrire
  • il n’était pas souhaitable d’écrire

J’ai rencontré la philosophie de Deleuze. Cette Force de Vie m’anime et me nourrit.
Je pense le projet tel qu’il est très majoritairement vécu, appliqué est quelque peu mortifère. Il n’y a plus beaucoup de désir, de joie, parce qu’il doit répondre à des critères bien définis pour des financements peut-être nécessaires.

Si le véritable projet, d’après Boutinet, est quelque chose de vivant, alors seulement je veux bien dire que c’était une étape dans un projet qui aurait dû se poursuivre.

Parce que j’ai pour le moment un grand regret : que nous n’ayons pas pu rebondir et créer d’autres choses à partir de ce vécu. (Problèmes à Juvisy-sur-Orge, Manque d’implication de la commission jeunesse, ….). Mais le possible est encore là. Encore faut-il le désirer.

 

« Ce qui est généré, génère à son tour ce qui le génère »
Edgar Morin

 

Contributeur : Jean Luc Dardaine (Juin 2017)

Pour approfondir :
La MJC de Gometz-le-Chatel
La municipalité de Gometz-le-Chatel

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La FRMJC-IdF est affiliée à la Confédération des MJC de France.
Elle reçoit le soutien du Ministère des Droits des Femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports et de la Région Ile-de-France.

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